Aline a lu
Les dernières recensions

« Déclin et fascination », Eva Baltasar

Traduit du catalan par Annie Bats, Verdier, août 2026,...
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« À voix haute », Polina Panassenko

L’Olivier, août 2026, 272 p., 19,50 € Le deuxième...
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« Camping », Lavinia Braniste

Traduit du roumain par Sylvain Audet-Gainar, Syrtes, août 2026,...
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« La rue », Robert Seethaler

Traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes, Sabine Wespieser,...
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« Le Château de la Solitude », Luc Dagognet

Do, août 2026, 288 p., 21 € Sur la...
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« Terres minuscules », Catarina Gomes

La journaliste portugaise Catarina Gomes fait une entrée distinguée...
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« La Croix percée », Siméon Lerouge

Tristram, août 2026, 128 p., 16 € « La Croix...
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« Les amours en fuite », Kevin Barry

Traduit de l’anglais (Irlande) par Carine Chichereau, Métailié, avril...
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Une recension au hasard
11
Oct

« Sud », Antonio Soler

Traduit de l’espagnol par Guillaume Contré, Rivages, août 2022, 640 p., 25 €

Antonio Soler publie une fresque romanesque à la manière joycienne d’« Ulysse » : vingt-quatre heures d’une ville espagnole à travers quelque deux cents personnages dont les destinées se croisent ou s’accomplissent en parallèle. Dans ce qui ressemble à Malaga au mois d’août, souffle le « terral », un vent intérieur caniculaire, véritable œil narratif. A l’aube, on découvre un homme agonisant dans un terrain vague. Autour de ce fait divers, les personnages vont et viennent, travaillent, mangent, se regroupent, trafiquent, font l’amour et préparent des mauvais coups. Deux figures nous guident : l’Athlète, un jeune chômeur qui vit chez sa mère et tient un journal intime, et Céspedes, un quinquagénaire surpris en plein adultère, qui s’offre une escapade en train avec une jeune Française. Des hommes, des femmes, des parents, des enfants, des jeunes, des vieux, l’auteur pose un regard sociologique sur ce personnel romanesque dont on accède aux pensées et aux sensations par le monologue intérieur. L’insatisfaction et la désillusion sont les thèmes majeurs, mais les désirs restent souvent à l’état de velléités. Machisme, misogynie, violence, rien ne semble pouvoir sauver cette humanité déchue. La religion est un mensonge, l’amitié un égoïsme, le couple un malentendu, la famille un nœud de vipères. Chacun dans sa solitude fait semblant et colmate les brèches jusqu’à ce que les rayons du soleil implacable décillent les protagonistes. Une femme prend conscience que son amant l’utilise, une autre que son couple a vécu dans le déni par commodité, un homme se résout à sortir de sa misérable existence, un frère décide de sauver sa sœur au mépris de sa propre liberté. De la bourgeoisie aux clochards, tous s’affairent comme dans une fourmilière, avec la conscience de leur asservissement. « Sud » est une lecture éblouissante, le roman extraordinaire d’un humaniste.

Aline Sirba

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